- Congo Brazza,la France décore un émminent professeur en Cardiologie
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Connaissez vous le congo Brazzaville?
Connaissez vous qu’ il existe une faculté de Médecine là bas à Brazzaville?
Connaissez vous le fondateur de cet institut superieure des sciences de la santé ,aujourd’hui devenu faculté de médecine?
Savez vous que plusieurs brillants médecins dotés d’une experience clinique inégalable et inimaginable dont moi même furent formés dans cet institut appelée à l’époque INSSSA ?
éh bien le fondateur de cet institut est le professeur Christophe BOURAMOUE.
Il vient d’être décoré par la france ce 16 Nov 2007 de la MEDAILLE de la legion d honneur ainsi que 2 autres professeurs:ITOUA et MOYEN .
Voici son allocution prononcé à l’ocasion de cette cérémonie.
Profonde grattitude Professeur,
vous qui patiemment aviez initié et soutenu nos premiers pas dans ce noble art et science qu’est la médecine. Votre savoir faire, votre rigueur, et vos enseignements jusqu’à ce jour sonnent encore fort dans nos conscienceset nous servent de guide, de référence.
Daniel Duciel MB.
ALLOCUTION PAR LE Pr. C. BOURAMOUÉ A L’OCCASION DE LA RECEPTION DE LA LEGION D’HONNEUR
LE VENDREDI 16 NOVEMBRE 2007
Monsieur l’Ambassadeur de France,
Mesdames et Messieurs du Corps Consulaire,
M. le Président de l’Université Francophone,
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues, Chers Frères et Amis,
En vérité, c’est un très grand honneur que nous fait Monsieur le Président de la République française, en nous attribuant à nous, Pr. Georges Marius Moyen, Recteur de l’Université Marien Ngouabi, Pr. Assori Itoua-Ngaporo, Délégué Général à la Recherche Scientifique et moi-même, les distinctions dont vous venez, Monsieur l’Ambassadeur, de nous remettre les insignes. C’est pourquoi vous nous voyez refléter ici la joie immense et la fierté légitime qui nous habitent en ce moment. En effet, au-delà de nos individualités, cette marque spéciale d’attention touche profondément nos familles, particulièrement nos épouses ici présentes et, également, nos frères et nos amis d’ici et d’ailleurs, nos Elèves et, bien entendu, les Membres de notre Alma Mater, l’Université Marien Ngouabi ainsi que le Congo, notre beau Pays. Puissiez-vous, Excellence, être notre interprète auprès de M. le Président de la République française pour lui faire part de notre profonde et respectueuse gratitude.
De la part de la France, nous plaçons cette nomination dans le cadre de la coopération bilatérale et la percevons comme un effort louable d’identification et d’incitation des personnels cadres à même de conduire des activités propices à la gestion efficiente des ressources humaines de qualité et, partant, à participer au développement. C’est aussi, certainement, une exhortation opportune à la reconnaissance du mérite individuel dans les pays en développement où les besoins en ressources humaines qualifiées demeurent encore importantes.
En effet, toute notre vie durant, nous avons pris le parti de servir la Nation et rien que la Nation, étant entendu que l’Etat nous devrait ce dont nous aurions besoin. Comme le disait André Malraux, « dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n’est pas absurde, c’est ce qu’on peut faire pour les autres ». J’ajouterais «et pour son pays ». Cette option libre et volontariste - car il est toujours possible, pour des cadres universitaires, d’évoluer à l’extérieur de leurs pays– nous a placés en position de mener ici au Congo, honnêtement, nous le croyons, des activités médicales, scientifiques, pédagogiques, et sociales dans les différents domaines auxquels, vous avez, Excellence, fait mention tout à l’heure dans votre propos fort aimable à notre endroit.
En réalité, c’est à l’excellence de la coopération franco-congolaise qu’il convient de rendre un hommage mérité. C’est ainsi que, tirant profit de l’appartenance hospitalo-universitaire de tous les récipiendaires, je citerai, à titre d’exemple, l’organisation et le fonctionnement de Institut Supérieur des Sciences de la Santé (INSSSA) plus tard dénommé Faculté des Sciences de la Santé. En effet, cette réalisation a été, sans nul doute, l’une des plus exaltantes, d’autant plus qu’elle était couplée avec celle du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Brazzaville. Nous étions alors constamment habités par le souci de maintenir dans la dynamique de ce projet, un groupe de sommités hospitalo-universitaires françaises ou tout au moins francophones afin de crédibiliser au mieux possible l’institution naissante et de garantir aux futurs jeunes médecins la compétence professionnelle qu’exige l’honneur du métier.
Dans cette voie, la France ne nous lâcha guère. Fidèle à sa tradition et à la philosophie de son action, elle prit, en effet, une part active et décisive dans le développement de cet important projet social, scientifique et culturel que fut l’INSSSA. Elle le fit tout d’abord par l’octroi des missions d’enseignement aux professeurs titulaires français dans le cadre de l’Association des Universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF) et dans celui de la Conférence Internationale des Doyens et des Facultés de Médecine d’Expression Française (CIDMEF). Elle le fit ensuite, par sa contribution à l’installation et au développement de la bibliothèque dont la richesse documentaire suscitait l’admiration de tous les Collègues en mission d’enseignement et réjouissait les Etudiants, les Enseignants ainsi que les agrégatifs du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). C’est ici l’occasion de rendre un hommage sincère et mérité aux éminents universitaires déterminés et inlassables que sont Monsieur le Professeur André Gouazé, Membre de l’Académie de Médecine, Président Fondateur Directeur Général de la CIDMEF et Monsieur le Professeur Marc Gentilini, Membre de l’Académie de Médecine, ancien Président de la Croix Rouge Française. C’est pourquoi, dans ce devoir de mémoire, nous n’oublierons pas d’exprimer, ici et maintenant, notre amitié soutenue et notre profonde reconnaissance à ces personnalités et également aux nombreux autres collègues français venus plusieurs fois en missions d’enseignements ou comme membres de divers jurys du doctorat en médecine. Je ne me permettrais cependant pas de continuer à les citer nommément de peur d’en oublier quelques-uns.
Mais, hélas, hélas, avec les conflits sociopolitiques qu’a connus le Congo, la situation académique de notre Etablissement s’est considérablement détériorée et a demandé à être revue en profondeur.
Monsieur l’Ambassadeur,
Permettez-moi, de vous exprimer notre profonde gratitude pour l’organisation réussie de cette belle cérémonie sur cette Place combien historique qu’est la Case Charles De Gaulle. Nous sommes très sensibles à votre délicatesse, à votre générosité et à votre remarquable disponibilité.
Quant à nous, heureux récipiendaires, nous nous sentons encore pleins d’énergie et nantis d’assez d’expérience pour pouvoir contribuer au lancement de grands projets structurants à vocation sous-régionale, notamment la création des pôles d’excellence dans les domaines de la recherche scientifique et des enseignements supérieurs. Nous demeurons en effet convaincus qu’il n’y aura pas d’émergence significative, soutenue et durable de l’Afrique subsaharienne et par conséquent du Congo, sans la réorientation de l’Enseignement Supérieur, notamment la réorganisation des Universités en de véritables entités autonomes et performantes, attractives pour les étudiants et adaptées aux objectifs du développement. Dans une telle éventualité, la francophonie aidant, la France serait, à n’en point douter, aux côtés des Universités Africaines.
Vive la France
Vive le Congo
Vive la Communauté scientifique et universitaire
Je vous remercie.
telle fut donc l’allocution du professeur Bouramoue .
M22 DUCIEL
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mardi, 20 novembre 2007 - 14:30 (CET) Modifier | Supprimer | Lien permanent | 0 commentaires
- Quand La France Perd son influence en Afrique. A qui la faute?
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Pétrole main basse sur l’Afrique
Arabie Saoudite, Irak, Asie centrale : le grand jeu américain du pétrole se déplace vers l’Afrique, culbutant les intérêts français. Principaux Etats cibles de cette nouvelle zone de coprospérité : l’Angola, le Nigeria et la Libye, parés soudain de vertus démocratiques.
Malabo, improbable capitale de la Guinée équatoriale, elle-même micro-Etat de 500000 habitants, situé entre le Cameroun et le Gabon, est désormais reliée par un vol direct à Houston (Texas), cœur du lobby pétrolier américain. Normal : cette ancienne colonie espagnole produit 400 000 barils par jour et, nouvel Eldorado, va bientôt devenir le troisième producteur de pétrole d’Afrique noire, derrière le Nigeria et l’Angola. Ambassadeur des Etats-Unis au début des années 1990, Chester Edward Morris bombardait son gouvernement de notes indiquant que la Guinée équatoriale « regorgeait de pétrole », sans susciter autre chose qu’une indifférence polie. Le voilà revenu. A la tête, cette fois, d’une compagnie pétrolière, Walter International. En fait, c’est la Guinée équatoriale tout entière qui est passée sous la coupe américaine, avec une position dominante des compagnies ExxonMobil et Triton. Les expatriés y vivent et y travaillent en vase clos : nourriture et boisson viennent des Etats-Unis. « Même les bananes », s’amuse Omar Bongo, président du Gabon voisin.
Avec la guerre en Irak, la déstabilisation de l’Arabie Saoudite, la montée d’un terrorisme ciblé sur les installations pétrolières et la volonté des islamistes de « rendre aux musulmans les richesses qu’Allah leur a confiées », la question de la pérennité des approvisionnements pétroliers éclate en plein jour. La clé ? L’attitude des Etats-Unis. Principaux consommateurs d’or noir, les Américains pourront-ils encore longtemps sacrifier à un modèle de développement énergivorace ? L’explosion actuelle des cours, avec ses conséquences sur la croissance mondiale, laisse entendre que la manœuvre est difficile (voir encadré). De là découle en tout cas la volonté farouche de l’Amérique de diversifier ses sources, en commençant par les pays non membres de l’Opep. Longtemps chasse gardée des pétroliers européens - Elf dans les pays francophones, BP et Shell dans les anglophones -, l’Afrique noire est ainsi devenue l’un des objectifs majeurs des compagnies pétrolières américaines, qui bouleversent la géopolitique des matières premières. « Le pétrole africain représente un intérêt stratégique national pour les Etats-Unis » , rappelle à qui veut l’entendre Walter Kansteiner, sous-secrétaire d’Etat en charge des Affaires africaines. Objectif réaffirmé par tous les dirigeants américains, à commencer par George Bush lui-même : l’Afrique doit fournir le quart du pétrole africain importé aux Etats-Unis, contre 17% aujourd’hui.
Cette stratégie ne date pas de son arrivée à la Maison-Blanche, ni même de la guerre d’Irak. Elle s’affirme dès la fin des années 1990, sous l’administration Clinton. « Contrairement aux idées reçues, Bill Clinton, politique et pragmatique, était plus proche des intérêts des pétroliers américains que ne l’est George Bush, idéologue et dogmatique », affirme un spécialiste, « et ce malgré ses liens et ceux du vice-président Dick Cheney avec les milieux pétroliers texans. » C’est la raison pour laquelle Clinton voulait régler le problème palestinien avant son départ alors que ce casse-tête n’est à l’évidence pas une priorité pour son successeur. S’il est élu, John Kerry poursuivra d’ailleurs la politique engagée par son prédécesseur démocrate. Le sénateur du Massachusetts vient d’affirmer sa volonté de « libérer l’Amérique de sa dangereuse dépendance vis-à-vis du pétrole du Moyen-Orient » et de se « confronter avec l’Arabie Saoudite, qui finance et assure le soutien idéologique d’Al-Qaida ».
L’administration Clinton et les compagnies américaines s’étaient mobilisées à partir d’un rapport que George Tenet, ex-patron de la CIA, avait présenté au Congrès sur la géopolitique du pétrole. L’Agence faisait état des difficultés politiques croissantes entre les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient, notamment en raison du conflit israélo-palestinien, et affirmait la nécessité de diminuer la dépendance vis-à-vis de cette zone. Tenet proposait que les principaux efforts portent désormais sur la mer Caspienne, « l’Arabie Saoudite du futur », mais surtout sur « l’Atlantique », c’est-à-dire l’Amérique latine (Mexique, Venezuela) et l’Afrique (golfe de Guinée, du Nigeria à l’Angola), sans oublier l’Algérie et la Libye. Objectif : trouver de nouvelles sources, faire pression sur les producteurs moyen-orientaux.
Bien vu : en 2001, sur les 8 milliards de barils de réserves nouvelles découvertes dans le monde, 7 venaient du golfe de Guinée ! Pour les spécialistes, le potentiel de croissance y est désormais plus élevé qu’en Russie ou dans la mer Caspienne. Avantage sup-plémentaire : le pétrole africain n’est qu’à sept jours de mer de la côte Est, par une route de haute mer relativement à l’abri des attaques terroristes, ce qui réduit de 8 dollars par baril le coût de transport et d’assurance.
Le rapport de la CIA est immédiatement suivi d’effets.« C’est à ce moment-là que l’on a senti monter brusquement l’agressivité américaine en Afrique, en Angola, en Algérie, au Nigeria, raconte Christophe de Marjorie, patron de l’exploration production chez Total. « Notamment avec la décision d’Exxon-Mobil de mettre en exploitation les gisements découverts au Tchad. » Pour sortir le pétrole de ce pays enclavé, la compagnie américaine décide de construire un oléoduc à travers le Cameroun, jusqu’à la mer. Les Américains au Tchad et pas Elf ? C’est le symbole du déclin français en Afrique. Car la France a, pendant des années, au prix d’un énorme effort militaire, défendu le Tchad contre les visées du colonel Kadhafi. Présidée alors par Philippe Jaffré, c’est Elf, au moment décisif, qui a refusé de s’engager. En raison de sa vision strictement financière du métier et surtout par souci de rupture avec la politique conquérante et les pratiques corruptrices de Loïk Le Floch-Prigent, son prédécesseur honni, Jaffré se détourne délibérément de l’Afrique, qui a fait la fortune d’Elf, mais qu’il connaît mal et n’aime guère : au même moment, Elf cesse pratiquement d’investir au Congo et au Gabon, dont la production décline aussitôt.
Mais c’est en Angola, un pays qui produit 1,5 million de barils de pétrole par jour et deviendra, au milieu de la décennie, le premier producteur africain, que le recul relatif de la France est le plus prononcé. Le plus polémique aussi. Le président Eduardo Dos Santos a récemment décidé de geler le développement de Total. L’ambassadeur de France à Luanda n’a pas reçu ses lettres de créances et celui de l’Angola à Paris n’a pas été nommé. Le bras de fer dure depuis plusieurs années. En juin 2001, venu à Luanda pour y rencontrer le chef de l’Etat, Thierry Desmarest, patron de Total, a dû patienter dans les fauteuils de cuir blanc du palais présidentiel de Futungo jusqu’à ce que le chef de cabinet vienne l’informer d’un contretemps : le président devait prendre connaissance d’un courrier urgent ! Humilié, Desmarest a repris son avion sans avoir vu Dos Santos. Aujourd’hui Total s’efforce en vain de convaincre les Angolais que leur hostilité fait autant de tort à la compagnie et à ses partenaires qu’à eux-mêmes.
La manière dont les Etats-Unis sont parvenus à faire entrer l’Angola dans la zone d’influence anglo-saxonne, au détriment de la France, est un modèle du genre. L’enjeu était considérable. Les découvertes de pétrole augmentent de trimestre en trimestre : 19 gisements géants, soit des réserves supplémentaires de 13 milliards de barils de pétrole et 2100 milliards de m3 de gaz, ont été identifiés en 2000 et 2001. Cela représente la moitié des découvertes mondiales de pétrole et les deux tiers de découvertes de gaz au cours de cette période ! Et porte les réserves à soixante années de production. « L’Angola dominera le marché pétrolier du XXIe siècle comme l’Arabie Saoudite celui du XXe », affirment les meilleurs experts pétroliers.
Face aux rigidités idéologiques françaises, le pragmatisme américain a fait mer-veille. Jusqu’en 1990, hostile au marxiste Eduardo Dos Santos, leader du Mouvement populaire de Libération de l’Angola défendu par l’URSS et les troupes cubaines, les Etats-Unis soutenaient l’Unita de Jonas Savimbi, qui contrôlait l’intérieur du pays. Après l’effondrement de l’URSS, les Etats-Unis renouent sans complexe avec l’ex-marxiste, qui contrôle la bande côtière où se situe l’eldorado pétrolier ! Alors que le gouvernement Balladur continue de soutenir Savimbi, contre les recommandations de l’ONU… Avec l’homme d’affaires Pierre Falcone, la France disposait d’un atout. Chef d’orchestre de la vente d’armes russes à l’Angola, Falcone était parvenu, par surcroît, à réduire à néant la dette de ce pays contractée du temps de l’URSS. A partir de 1995, l’homme d’affaires devient l’homme de confiance de Dos Santos. Mais cet atout va se retourner brutalement contre la France, avec la mise en examen pour « trafic d’armes » et l’incarcération, pendant un an, de Falcone par le juge Philippe Courroye. Dos Santos utilisera tous les moyens à sa disposition pour soutenir Falcone, allant jusqu’à le nommer représentant de son pays auprès de l’Unesco pour le soustraire à son contrôle judiciaire et lui permettre de quitter la France.
Nombreux sont ceux qui pensent, aujourd’hui, à une manipulation de la justice française par les services américains, avec la complicité d’une partie de la DGSE. Dos Santos s’est en effet détourné de la France pour jouer la carte américaine. Peu de temps après avoir éconduit le patron de Total, il était reçu officiellement par George Bush, Dick Cheney et Colin Powell. Avant de reprendre l’avion, Dos Santos affirmait publiquement qu’en tant que pays producteur de pétrole n’appartenant pas à l’Opep l’Angola voulait « travailler avec les Etats-Unis pour contribuer à leur sécurité énergétique ».Cet intérêt pour les Etats-Unis touche même le Gabon, le plus fidèle allié de la France dans la région. Omar Bongo vient d’être reçu par George Bush, qui lui a assuré que l’Amérique ne lui tiendrait pas rigueur de son soutien actif à la France lors de l’invasion de l’Irak. Et les Américains ont levé leur blocage à l’accord de rééchelonnement de la dette du Gabon avec le FMI.
« La France a des complexes. Elle se tire des balles dans le pied quand les autres avancent ; ses représentants ont pratiquement disparu dans les organisations internationales », déplore Omar Bongo. « Comment ne pas être tenté de nous mettre directement sous l’aile américaine ? » Comme beaucoup d’observateurs, le chef de l’Etat gabonais est bluffé par l’impudence des Américains lorsque leurs intérêts sont en jeu : « Notamment lorsqu’ils affirment, au FMI, que l’Ouganda est une démocratie… » Idem pour le Nigeria ou le Congo ex-Zaïre.
Avec la Libye, le pragmatisme confine au cynisme. Le 23 avril, Bush annonce la levée partielle des sanctions unilatérales encore en vigueur contre Tripoli. Oublié, l’attentat contre le Boeing 747 de la PanAm à Lockerbie et la lutte contre le terrorisme. La voie est ouverte pour le retour des compagnies américaines. L’accord sent le pétrole, dans un pays où les réserves prouvées atteignent 36 milliards de barils, soit cinquante-huit ans d’exploitation au rythme actuel. Un quart du territoire seulement est prospecté. « Nos réserves pourraient dépasser 100 milliards de barils », affirmait récemment Fathi Shatwan, ministre libyen de l’Energie. Il y a douze ans, les compagnies américaines avaient été obligées de partir. Elles vont revenir en force. Dur pour les européens Total, Repsol, Wintershall ou ÖMV, qui s’étaient faits une place au soleil !
Pour garantir leurs approvisionnements, les Américains sont même prêts à jouer le rôle de gendarme jusque-là dévolu à la France. Ils négocient ainsi la création d’une base militaire dans l’île de Sao Tomé, au large du Gabon, à partir de laquelle ils pourraient intervenir dans tous les pays du golfe de Guinée, de la Côte-d’Ivoire à l’Angola. Des blocs pétroliers off-shore ont été mis aux enchères, essentiellement auprès de compagnies américaines. Avant même que la première goutte de pétrole exploitable ait été trouvée, les simples permis de recherche rapportent déjà annuellement 210 millions de dollars (l’équivalent de quatre ans de PIB) à cet Etat de 140000 habitants, l’un des plus pauvres et des plus endettés du monde ! Une tentative de coup d’Etat a eu lieu en juillet 2003. Les Etats-Unis l’ont fait échouer. L’ordre américain règne désormais dans le golfe de Guinée.
Airy Routier
www.nouvelobs.com/
NDLR : Cet article ressemble à une fable qu’on pourrait intituler “Quand l’hôpital se moque de l’infirmerie ! “
Si les français perdent une grande part de leur zone d’influence dans le golfe de Guinée au profit des américains, c’est que la politique versatile et arrogante de Paris y est sans doute pour quelque chose. On se souvient du gouvernement Giscard dont les accointances avec les gouvernements et dictatures africaines étaient très largement soutenues par la politique Foccart et les manigances de la bande à Pasqua.
Mitterrand, puis Jospin qui par le jeu de la cohabitation a prolongé son action, se sont progressivement dégagés de leurs ex colonies, les laissant dans un quasi-abandon.
La France paye donc aujourd’hui gravement ce désengagement, mais il n’y a pas de raison de pavoiser. Comment préférer la peste au choléra ?
Dans tous les cas il s’agit de colonialisme économique patent.
Niaou.
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mardi, 6 novembre 2007 - 20:43 (CET) Modifier | Supprimer | Lien permanent | 0 commentaires
- Article du 03 novembre 2007 Pourquoi Nous Mourons
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Nous mourons,
mais la science ne sait pas pourquoi
Pas plus qu’elle ne sait écrire le programme permettant à l’embryon de se développer, la science ne sait mettre en évidence les mécanismes conduisant le corps à se dégrader partiellement, puis à mourir. Elle est par exemple incapable d’expliquer pourquoi telle espèce se trouve dotée de telle durée de vie : la souris, deux ans ; le chien, une douzaine ; l’être humain, une petite centaine. Certes la biologie reconnaît que certains mécanismes se mettent en jeu petit à petit, aux niveaux moléculaire et cellulaire, et plus rapidement à un certain stade. Mais elle ne sait pas ce qui provoque ces réactions et ce qui, en définitive, déclenche la mort.
La mort n’est pas d’origine virale ; elle ne s’attrape pas comme la grippe.
Il est d’ailleurs frappant de constater la franche disproportion entre le caractère radical et inévitable de la mort, donc sa présence effective et son enracinement profond au sein même de l’individu, et l’incapacité totale de la science à reconnaître et à cerner l’origine d’une force au pouvoir si absolu.
Alors que ce nouveau-né est « appelé » irrévocablement à mourir, il est étonnant qu’on ne puisse pas découvrir dans ses cellules la moindre trace de programmation de mort. La science ne peut pas dire par exemple que l’individu secrèterait telle substance qui l’empoisonnerait lentement, que sais-je, ou que tel mécanisme latent serait prêt à agir sous l’effet de telle cause repérable. Elle se borne à constater, puis tente d’expliquer, mais seulement après coup, une fois que les événements fatals se produisent.
Comment la mort est-elle inscrite au « programme » biologique ? Son origine à ce niveau demeure donc un mystère. Je dirais volontiers que la mort échappe (encore ?) à la science, royalement.
Est-il utile de préciser que dans ces conditions les espoirs de « remèdes » contre la mort apparaissent absurdes ? La quête de l’immortalité est un vieux rêve de l’humanité mais il me semble que la science n’a pas le droit, en quelque sorte, de les alimenter car, si elle le fait, elle trahit la vérité. Les mythes de jouvence, avec leur puissance évocatrice, sont une chose, tandis que la science se situe à un autre niveau : elle n’a pas vocation à servir Faust ou les magiciens.
Ainsi, les recherches scientifiques visant de façon avouée à vaincre la mort se situent bien au-delà d’une lutte légitime en faveur de la santé et du bien-être. Ne peut-on pas dire qu’elles relèvent plutôt de la folie d’un homme impuissant à vivre sa condition ? Pas plus qu’elle n’a prise sur ce qui nous fait vivre ou mourir, la science ne nous fera ressusciter ou ne nous rendra immortels.
J‘ai dit ailleurs que ce fantasme d’éternité m’apparaissait comme un défaut bien masculin. De là à en déduire que ces rêves sont une manifestation parmi d’autres de la volonté masculine de prendre le pouvoir, il y a un pas que je veux bien franchir.
Revenons aux sciences dites « exactes » (que je n’aurais pas dû quitter). Si la biologie est incapable d’énoncer une « loi de mort », la physique ne pourrait-elle pas expliquer la mort de l’être humain comme un cas particulier de sa fameuse deuxième loi de la thermodynamique, selon laquelle tout va en se dégradant ? La réponse est « non ».
Ce qu’énonce la thermodynamique est indéniablement correct : un système isolé (et donc abandonné à son sort) tend toujours à évoluer dans le sens du plus grand désordre. Par exemple une maison tombera en ruines mais ne se reconstruira jamais sous l’action des mêmes agents qui l’ont détruite.
Pourquoi la mort d’un individu ne relève-t-elle pas de cette loi de dégradation ? Parce que celle-ci s’applique à l’ensemble d’un système, dans la mesure où il n’interagit pas avec un autre, mais qu’à l’intérieur de ce système certaines parties peuvent très bien s’ordonner et devenir plus complexes au détriment d’autres qui voient au contraire augmenter leur désordre. Or un être vivant n’est pas un système isolé.
La construction d’une maison ne viole pas (on s’en douterait) le deuxième principe de la thermodynamique. La science affirme simplement que la maison ne peut pas se construire toute seule (c’est d’abord un fait d’observation ; mais elle en fait un « principe », applicable à d’autres situations) et que des agents extérieurs sont nécessaires pour fournir au sous-système que constitue cette maison les moyens de s’organiser.
De même l’assemblage de molécules et de cellules en un corps vivant se fera au détriment de l’environnement, jamais gratuitement et de lui-même. Ainsi la constitution d’un individu et son fonctionnement consomme-t-elle bien des réserves de ce que l’on pourrait appeler une capacité globale d’organisation 1. Mais les réserves sur Terre de cette capacité d’organisation seraient suffisantes pour assurer la vie de chaque être humain ou animal pendant des milliards d’années. En réalité, si rien d’autre ne changeait sur Terre, ce qui n’est pas le cas comme on sait, alors l’ordonnancement attaché aux êtres vivants pourrait être maintenu aussi longtemps que le soleil est là pour nous envoyer sa lumière. On montre en effet que le pouvoir de mettre de l’ordre réside en dernière analyse dans la lumière.
Une autre façon, encore plus simple de dire les choses est la suivante : ce n’est pas à cause du deuxième principe de la thermodynamique que les maisons ou les cathédrales s’effondrent ! C’est parce que le vent, la pluie, le gel, la pollution, les tremblements de terre, les guerres, la végétation s’acharnent sur l’édifice que celui-ci se détruit à la longue. Comme pour la mort d’un individu, on peut dire que le deuxième principe de la thermodynamique n’a rien à voir, directement, à l’affaire.
Il est donc prudent d’éviter de mettre ce deuxième principe de la thermodynamique à toutes les sauces 2 . Si cette deuxième loi peut avoir quelque conséquence à très (très) long terme sur les possibilités de vie terrestre, elle n’en a aucune au niveau de la vie d’un être humain. Ce dernier respire, se nourrit et développe sa chimie cellulaire en appliquant certes les lois de la physique, mais s’il s’en tenait à obéir strictement à ces seuls grands principes il aurait une durée de vie quasi éternelle. Ce sont des raisons autres que la dégradation de l’énergie qui font mourir l’homme.
Dans l’état actuel de nos connaissances, la science ne commande pas, en un sens, la mort de l’individu (je n’ai pas écrit que la mort transgressait les « lois » du monde physique). En somme, elle n’a rien à me dire sur ma mort ou, plus justement, sur mon destin de mortel.
NOTES
1. En termes scientifiques, on mesure de degré de dégradation d’un système par son entropie, laquelle augmente (comme le fait la dégradation) lorsque le système est livré à lui-même. Cette affirmation constitue le deuxième principe de la thermodynamique.
2. Ce principe fait même « délirer » - passez-moi l’expression peu charitable - certains adeptes
peu recommandables d’une science cosmologique nouvelle. Ils sévissent (comme
moi !) sur le web.
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